Compte de résultat

Produits issus de l'activité opérationnelle

L'évolution différenciée des postes de produit caractérise l'exercice sous revue qui était non seulement mouvementé et impacté par divers effets extraordinaires, mais aussi marqué par la bonne évolution de l'activité opérationnelle.

L'activité de base du Groupe enregistre une croissance notable du portefeuille hypothécaire, qui se traduit par une hausse de 40 millions de francs du résultat brut des opérations d'intérêts. La réévaluation de la valeur intrinsèque des participations ainsi que le désengagement et la simplification de la structure des participations ont aussi conduit au repli d'un certain nombre de postes de produit. Les importantes corrections de valeur à hauteur effectuées pour des postes du groupe PME Capital ont induit une baisse de 20 millions de francs du résultat net des opérations d'intérêts par rapport à l'exercice précédent. Ce recul ne reflète toutefois pas l'évolution positive enregistrée dans l'activité de base opérationnelle.

La vente de Notenstein La Roche Banque Privée SA a engendré dans les résultats nets des pertes notables qui s'élèvent à 64 millions de francs par rapport à l'exercice précédent, tant dans le résultat des opérations de commissions et des prestations de service que dans les opérations de négoce, mais surtout dans les opérations sur titre et de placement. Cela signifie aussi que les Banques Raiffeisen et les succursales ont enregistré dans leur activité opérationnelle une hausse de leurs produits nets de près de 21 millions de francs résultant des opérations de commissions et de prestations de service. Les opérations de négoce ont évolué dans le même sens. Dans l'ensemble, le recul s'élève à 20 millions de francs par rapport à l'exercice précédent, dont 16 millions de francs sont dus aux produits non réalisés suite à la vente de Notenstein La Roche Banque Privée SA. Hors cet effet, le résultat de négoce serait certes encore un peu inférieur au résultat de l'exercice précédent, mais s'en rapprocherait.

Les autres résultats ordinaires ont également reculé de 148 millions de francs pendant l'exercice sous revue. Ce repli est dû à la forte baisse de l'activation en lien avec le nouveau système bancaire central pour lequel les charges les plus importantes ont été passées à l'actif en 2017. En effet, depuis la migration des premières Banques Raiffeisen vers le nouveau système au 1er janvier 2018, les coûts à activer régressent. En 2017, 199 millions de francs ont été activés à titre de charges pour les projets, mais ce montant est passé à 108 millions en 2018, une différence donc de 91 millions. Ce poste de produit comprend également des amortissements sur les immobilisations financières de PME Capital SA à hauteur de 36 millions de francs, mais dans les comptes consolidés, les participations de PME Capital SA sont inscrites comme immobilisations financières. Pour ce poste notamment, cela signifie que les effets uniques (127 millions de francs) sont, pour la plupart, à l'origine de la baisse globale de 148 millions de francs.

Au total, le produit opérationnel du Groupe, qui s'élève à 3,1 milliards de francs, reste inférieur de 231 millions de francs au produit opérationnel de l'exercice précédent de 3,3 milliards de francs. Voici comment s'explique ce recul: la réévaluation de la valeur intrinsèque des participations et des immobilisations financières du groupe PME Capital (-84 millions de francs), les produits non réalisés des opérations de commissions et de négoce suite à la vente de Notenstein La Roche Banque Privée SA en milieu d'année (-80 millions de francs) et la forte baisse des activations liée à la création du nouveau système bancaire central (-91 millions de francs) totalisent 252 millions de francs.

L'activité opérationnelle des Banques Raiffeisen et des succursales est réjouissante et les produits réalisés en 2018 surpassent même ceux de l'exercice précédent. Les résultats, tant pour les opérations d'intérêts que pour les opérations de commissions et de prestations de service, sont supérieurs à ceux de l'exercice précédent.

Malgré le contexte conjoncturel toujours ardu, les opérations d'intérêts ont enregistré une bonne croissance: le résultat brut a augmenté de 40 millions (+1,8%), soit nettement plus qu'en 2017 (+21 millions de francs), ce qui est un résultat positif vu que la situation de taux bas perdure. L'érosion de la marge d'intérêt s'est ralentie au fil de l'exercice en cours. En fin d'année, elle a même rejoint le niveau de l'exercice précédent, avec 1,02%. La pression concurrentielle a persisté, notamment en raison de l'arrivée de nouveaux prestataires de services financiers. Les Banques Raiffeisen et les succursales ont néanmoins su renforcer leur position sur le marché.

Marge d'intérêt

Le poste «Variations de corrections de valeur pour les risques de crédit et des pertes issues des opérations d'intérêts» a augmenté de 60 millions, passant désormais à 63 millions de francs. Non seulement les corrections de valeur citées pour les positions du groupe PME Capital à hauteur de 48 millions de francs, mais surtout le besoin accru de corrections de valeur pour une position de crédit de Raiffeisen Suisse a contribué à cette hausse. La situation de risque des Banques Raiffeisen reste détendue. Le risque inhérent à la croissance des hypothèques a pu être absorbé. En effet, les Banques Raiffeisen et les succursales ont enregistré, dans l'ensemble, plus de dissolutions que de nouvelles constitutions. Les pertes directement comptabilisées s'élèvent à 0,8 million de francs (exercice précédent: 6,6 millions de francs). Au niveau du Groupe, le résultat net des opérations d'intérêts a diminué de 20 millions de francs à 2,2 milliards de francs, suite aux corrections de valeur grevées par les effets extraordinaires.

L'évolution du résultat des opérations de commissions et des prestations de service (annexe 22) est fortement marquée par la vente de Notenstein La Roche Banque Privée SA en milieu d'année. Le résultat a baissé de 44 millions, s'établissant à 451 millions de francs. La contribution manquante au résultat de la part de Notenstein La Roche Banque Privée SA au cours de l'exercice écoulé se chiffre à 64 millions de francs. Inversement, cela signifie aussi que l'activité de base des Banques Raiffeisen et des succursales a permis de dégager une croissance de 21 millions de francs par rapport à l'exercice précédent. Les revenus supplémentaires à hauteur de 14 millions de francs, générés par les opérations sur titres et de placement, sont en effet remarquables. La croissance des volumes, notamment dans le trafic des paiements, a également permis d'étoffer les produits des autres prestations de service.

Le résultat des opérations de négoce a baissé de 20 millions de francs à 210 millions de francs (annexes 23.1 / 23.2). Cette baisse est due, en grande partie, à la perte de revenus suite à la vente de Notenstein La Roche Banque Privée SA (-16 millions de francs). Dans l'ensemble, il y a eu une légère baisse de 4 millions de francs, en raison du négoce de produits à intérêts qui a souffert des conditions de marché difficiles pendant l'exercice écoulé. Le négoce d'actions par contre a progressé, mais à un niveau modeste dans l'ensemble. Le négoce des devises et des billets a enregistré un résultat similaire à celui de l'exercice précédent.

Alors que de nombreux facteurs ont généré, l'exercice précédent, un résultat très élevé de 337 millions de francs dans le poste «Autres résultats ordinaires», la situation a totalement changé en 2018. La plupart des sous-positions ont accusé un recul marqué des produits, soit une hausse des charges à hauteur de 148 millions de francs, avec un résultat très faible de 189 millions de francs par rapport à l'exercice précédent. Le résultat des aliénations d'immobilisations financières, inscrit à 5 millions de francs (-23 millions de francs), s'explique par la vente, à l'exercice précédent, d'un portefeuille important d'immobilisations financières dans un contexte de marché favorable. Le produit des participations a baissé de 13 millions de francs à 76 millions de francs. Cela est dû d'une part au fait que la meilleure valorisation des participations selon la méthode de la mise en équivalence n'a pas permis d'atteindre le niveau de l'exercice précédent. Et d'autre part, au fait que la participation dans Helvetia Holding SA avait généré un produit de 8 millions de francs déjà en 2017, puisqu'elle a été vendue entretemps afin de simplifier la structure des participations. Les autres produits ordinaires ont baissé de 80 millions de francs à 129 millions de francs en raison notamment de la plus faible activation des coûts de développement du nouveau système bancaire central. Les autres charges ordinaires ont fortement progressé de 32 millions de francs à 42 millions de francs, ce qui est presque entièrement dû à l'évaluation plus prudente des immobilisations financières de PME Capital SA (36 millions de francs). Dans les comptes consolidés, les participations de PME Capital SA sont inscrites au bilan en tant qu'immobilisations financières à court terme, destinées à la revente.

Charges d'exploitation

Pendant l'exercice sous revue, les charges d'exploitation ont légèrement diminué de 17 millions de francs, passant comme prévu sous la barre des 2 milliards de francs. La vente de Notenstein La Roche Banque Privée SA a eu une incidence positive sur les charges d'exploitation. L'introduction tardive du nouveau système bancaire central a généré d'importantes charges de projet, de suivi et de formation, même en 2018. Le Cost Income Ratio est passé de 60,8 à 64,9%, en raison du fort recul du produit opérationnel comparé aux charges d'exploitation en légère baisse par rapport à l'exercice précédent.

Evolution du Cost Income Ratio

Charges de personnel

Les charges de personnel (annexe 26) ont légèrement baissé de 5 millions de francs à 1,4 milliard de francs. Suite à la vente de Notenstein La Roche Banque Privée SA en milieu d'année, les effectifs ont diminué de plus de 330 collaborateurs, et les coûts donc aussi. En revanche, l'activité de base du Groupe Raiffeisen a nécessité l'embauche de 136 collaborateurs supplémentaires, dont 107 au sein des Banques Raiffeisen. Les effectifs du Groupe s'élèvent à 9'215 emplois à plein temps (exercice précédent: 9'411). Dans l'ensemble, les charges salariales et les prestations sociales sont restées inchangées, sauf concernant les frais de personnel accessoires pour lesquels les charges étaient moindres. Les dépenses pour le personnel temporaire engagé afin de soutenir les travaux dans le cadre du nouveau système bancaire central, ont pour la première fois été fortement réduites pendant l'exercice écoulé. Les frais de personnel à hauteur de 149'300 francs par personne n'ont pratiquement pas changé par rapport à l'exercice précédent.

Evolution des charges de personnel totales et par unité de personnel

Autres charges d'exploitation

Les autres charges d'exploitation (annexe 27) ont évolué de façon similaire aux charges de personnel. Elles ont légèrement baissé de 12 millions de francs à 606 millions en raison de la suppression des coûts liés à Notenstein La Roche Banque Privée SA depuis le milieu de la période sous revue. En revanche, il y a eu des coûts supplémentaires avoisinant 14 millions de francs pendant l'exercice écoulé pour l'examen complet de la gouvernance d'entreprise. L'introduction du nouveau système bancaire central a été réalisée en plusieurs tranches au fil de l'exercice. Les dernières Banques Raiffeisen ont migré vers le nouveau système au 1er janvier 2019. La migration a généré des coûts considérables pour exploiter les systèmes bancaires centraux en parallèle, le temps d'une année.

Tableau Investissements en biens corporels du Groupe Raiffeisen 2014–2018 par catégorie

Investissements nets, en mio CHF

2014

2015

2016

2017

2018

Immeubles à l’usage de la Banque

56

92

83

76

109

Autres immeubles

2

2

8

10

53

Transformations et aménagements dans des locaux tiers

18

17

15

11

9

Matériel informatique

13

22

17

15

14

Logiciels informatiques

34

65

129

208

157

Bancomat

8

4

7

9

12

Mobilier

3

5

5

4

6

Installations

4

3

5

8

10

Machines de bureau, véhicules, dispositifs de sécurité

5

7

7

3

13

Total des investissements nets

143

217

276

344

383

Tableau Investissements en biens corporels du Groupe Raiffeisen 2014–2018 par région

Investissements nets, en mio CHF

2014

2015

2016

2017

2018

Région lémanique

18

21

15

16

35

Plateau

17

29

32

35

43

Suisse du Nord-Ouest et Zurich

24

21

35

29

59

Suisse orientale*

65

124

168

227

217

Suisse centrale

12

7

16

21

21

Tessin

7

15

10

16

8

Total

143

217

276

344

383

* y compris investissements centraux Raiffeisen Suisse

Corrections de valeur sur participations, amortissements sur immobilisations corporelles et valeurs immatérielles

En raison d'amortissements accrus sur des valeurs immatérielles, la position a connu une hausse marquée de 70 millions de francs, soit 37,3%, pendant l'exercice sous revue. Le goodwill sur les sociétés du Groupe PME Capital Holding SA et Business Broker AG a été intégralement amorti. Par ailleurs, le goodwill sur la participation dans Leonteq AG a subi une correction de valeur supplémentaire à la baisse de 69 millions de francs. En 2018, les amortissements de goodwill se sont élevés à 108 millions de francs, soit 66 millions de francs de plus qu'à l'exercice précédent. Les amortissements d'immobilisations corporelles étaient légèrement inférieurs à ceux de l'exercice précédent. Le nouveau système bancaire central fera l'objet d'amortissements pour la première fois en 2019.

Variations des provisions et autres corrections de valeur, ainsi que pertes

Cette position a été particulièrement impactée par les effets extraordinaires. Après une réduction des charges de 0,5 million de francs sur l'exercice précédent, la constitution nette de provisions et les autres corrections de valeur ainsi que pertes ont atteint 124 millions de francs en 2018. Il y a trois raisons à cette hausse. Des provisions ont été constituées à hauteur de 19 millions de francs pour couvrir les charges de restructuration liées à la vente de Notenstein La Roche Banque Privée SA. S'agissant des autres provisions, les incertitudes liées aux litiges juridiques concernant «Investnet» ont particulièrement contribué aux incidences haussières avec effet sur le résultat de 25 millions de francs. Des provisions pour autres risques d'exploitation à hauteur de 69 millions de francs ont été constituées en prévision du rachat convenu en 2018 de la participation d'Avaloq AG dans ARIZON Sourcing SA par Raiffeisen Suisse. La transaction a eu lieu au mois de janvier 2019.

Produits et charges extraordinaires

Raiffeisen a bénéficié du produit des ventes de participations dans une moindre mesure que lors de l'exercice précédent. En 2017, la vente de la participation dans Helvetia Holding SA et Avaloq Group AG avait dégagé un produit de 104 millions de francs. Pour l'exercice sous revue, la vente de Notenstein La Roche Banque Privée SA a généré un produit de 68 millions de francs. Suite à cette transaction, le produit extraordinaire (annexe 28) s'est inscrit à 82 millions de francs (exercice précédent: 119 millions de francs). En raison des pertes accrues de la vente d'immobilisations corporelles, les charges extraordinaires ont augmenté de 5 millions à presque 9 millions de francs.

Impôts

Les impôts (annexe 29) ont baissé de 77 millions pour totaliser 156 millions de francs. Les charges des différentes sociétés pour impôts courants, s'élevant à 170 millions de francs, sont restées légèrement inférieures à celles de l'exercice précédent (177 millions de francs). En revanche, des impôts latents ont été dissouts, surtout suite à la vente de Notenstein La Roche Banque Privée SA.